Cancer : peut-on en parler au travail ?


En France, 1 000 personnes apprennent chaque jour qu’elles sont atteintes d’un cancer. Parmi ces malades 400 travaillent activement.

Une récente étude montre que désormais 50 % des personnes atteintes d’un cancer, seraient prêtes à en parler dans le monde du travail (baromètre Cancer@work*).  Elles étaient 73 % à ne pas vouloir le faire en 2013.

Même si les choses bougent, que les mentalités évoluent et que la parole se libère au sein des entreprises autour de cette maladie, les aménagements restent encore trop peu fréquents pour les malades. On fait le point.

Comment concilier travail et cancer ?

Si la majorité des salariés est prête à parler facilement du sarcome ou de toutes autres formes de cancer qui les touchent, ils déplorent, néanmoins le manque d’aménagement prévu pour eux au sein des entreprises.

Pourtant aujourd’hui le cancer est bien une des réalités du monde du travail, que ce soit pour les malades ou bien leur collègues. En effet le baromètre Cancer@work indique que 4 salariés de PME ou TPE sur 10 connaissent au moins un collègue touché par cette maladie, que ce soit un cancer du sein chez la femme ou bien un cancer de la prostate chez l’homme par exemple, qui sont les deux principaux cancers que l’on constate en France. Dans les grandes entreprises, cette proportion augmente même de 6 sur 10 en moyenne.

Même si ce sujet est moins tabou au sein du monde du travail et qu’il est plus facile de parler de son cancer de l’œil à sa hiérarchie et à ses collègues, qu’il y a quelques années, les malades disent avoir été soutenus dans cette épreuve à 67 % par leurs collègues et  à 43 % par leur hiérarchie. Ils regrettent dans le même temps que les ressources humaines et les représentants du personnel n’aient pas été assez présents à ce moment-là.

Vers un meilleur accompagnement des malades du cancer

Les personnes actives atteintes de cancer seraient demandeuses de plus d’accompagnement de la part de leur hiérarchie, afin de leur permettre de rester dans le milieu professionnel pendant leur traitement.

Ils sont 50 % à déplorer le manque d’aménagement du travail et le manque de communication de ce que dit la loi en ce qui concerne les dispositifs à mettre en place,  au moment où ils annoncent à leur hiérarchie leur cancer.

Dans les faits cela représente près d’un travailleur sur deux atteint d’un cancer qui n’a pas bénéficié d’une visite de pré-reprise après son traitement et un tiers qui n’a pas bénéficié d’aide au retour.

Pourtant la majorité des salariés atteints d’un cancer, estiment avoir encore quelque chose à offrir à leur entreprise malgré leur maladie, s’ils sont soutenus. Mieux accompagner les personnes malades est pour trois-quarts des actifs un signe qu’aux yeux de l’entreprise, la cohésion de groupe est importante et cela augmente leur engagement.

Pour la fondatrice de l’association Cancer@work, Anne-Sophie Tuszynski, ancienne malade d’un cancer :

« le cancer ne doit pas être vu comme un coût pour l’entreprise mais comme une opportunité de développer l’innovation sociale et sociétale, et créer de la richesse pour tous ».

* Cancer@work est une association qui aide les entreprises à maintenir leurs employés atteints d'un cancer dans l’emploi et à améliorer leur qualité de vie au travail.

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